DIOU, Samedi 25 Septembre 2021,
LA PRONONCIATION

L'Abbaye de Sept Fons

LA PRONONCIATION

La Loire

LA PRONONCIATION

Tranquillité & douceur

LA PRONONCIATION

Le marché des Producteurs

LA PRONONCIATION

Le Canal et la Voie Verte...

LA PRONONCIATION

LORSQUE, ÉTUDIANT À PARIS, JE REVENAIS AU PAYS, LE PARLER DES VOYAGEURS MONTANT DANS LE TRAIN À PARTIR DE NEVERS ME SIGNALAIT L'APPROCHE DU BOURBONNAIS. ILS AVAIENT L'ACCENT TRAÎNANT QU'ON ATTRIBUE AUX "CH'TITS GARS DE L'ALLIER". EN EFFET LA PLUPART DES SONS VOCALIQUES ACCENTUÉS SONT LONGS ET FERMÉS, NOTAMMENT LE [E] : "TÊTE" ET BÊTE" S'ÉNONCENT "TÉT" [TET]ET "BÉT" [BET], "MÊME" DEVIENT "MÉM" [MEM], ON PRONONCE ‘’POULET’’ "POULÉ" [PULE] ; ‘’ÊTRE À SON AISE’’ SE DIRA [ETASDNEZ] ; DANS QUELQUES CAS POURTANT LE [E] ACCENTUÉ RESTE À-DEMI OUVERT : ON TRANSPORTE UN TONNEAU DE [BWET] (‘’BOUETTE’’ = MAUVAIS VIN) SUR SA [BERWFT] (BROUETTE). ON NE DIFFÉRENCIE PAS, OU PEU, LE [C] DE "MORT" DU [O] DE ‘’MOT’’; ET SI L'ON DISTINGUE LES DEUX [A] ANTÉRIEUR ET POSTÉRIEUR DE "PATTE" [PAT] ET "PÂTE" [PAT], LE [A] ACCENTUÉ SE RAPPROCHE PLUS SOUVENT DU SECOND QUE DU PREMIER. MAIS L'ACCENT TONIQUE EST ERRATIQUE, PARFOIS TOUTES LES SYLLABES PEUVENT ÊTRE PRONONCÉES AVEC UNE ÉGALE INTENSITÉ ; DANS LA TRANSCRIPTION PHONÉTIQUE DU [A] INITIAL J'AI CHOISI DE PRIVILÉGIER, SAUF DEVANT DEUX CONSONNES, LA VARIANTE [A] ; MAIS LA PLUPART DE MES LOCUTEURS DE RÉFÉRENCE ÉMETTAIENT UN SON INTERMÉDIAIRE : "ABATELEUR" QUE J'AI TRANSCRIT PAR [ABATLŒR] AURAIT PU L'ÊTRE AUSSI PAR [ABATLØR]. EN TOUT CAS LE CHOIX DU [A]EST SYSTÉMATIQUE EN POSITION FINALE DEVANT UN [R] : ON PEUT VOIR DES [LIZAR] QUAND ON FAUCHE AU [DAR] ; CELA SE RETROUVE AU COEUR D’UN MOT : SI ON RESTE COI, ON NE PEUT PAS "DÉBÂILLER" [DEBAJE] UNE PAROLE. LES VOYELLES NON ACCENTUÉES ONT TENDANCE À S'AFFAIBLIR : AINSI LE "É" FERMÉ NOTÉ [E] ÉVOLUE VERS UN "E" FAIBLE NOTÉ [E] : "LÉCHER" DEVIENT "LECHER" [LEIE], "BÊLER" "BELER" [BELE],"PÉTER" "PETER[PETE] ; LE PHÉNOMÈNE PEUT FRAPPER D'AUTRES VOYELLES : "PANNET" (PAN DE CHEMISE) EST DEVENU "PENET[PENE], VOIRE "P'NET' [PNE], MAIS PARFOIS LE [E] DEVIENT [A] COMME DANS ''CHERCHER'' PRONONCÉ "CHARCHER" [IARIE] OU "SARCHER" [SARIE]. CERTAINS PRONONCENT LE ''EU OUVERT"[M] DE "PEUR" ET DE "MEUBLE" COMME UN [E] FAIBLE, MAIS BEAUCOUP LE FONT SENTIR EN L'ALLONGEANT AU POINT DE LE CONFONDRE AVEC LE "EU FERMÉ" ACCENTUÉ DE "FEU" NOTÉ [O]. ON ÉLIDE CE MÊME [E] FAIBLE QUAND IL EST PRÉCÉDÉ D'UNE CONSONNE SOURDE : "PTIT" [PTI] POUR "PETIT" ET "CHTIT" [ITI] POUR "CHETIT", "CHVEU" [IVO] OU "CHVAUDE" [IVOD] POUR "CHEVEU" OU "CHEVAUDE" (JUMENT), MÉM'MENT [MEMMB] POUR "MÊMEMENT" ; LA SEMOULE DEVIENT DE LA "SMOUILLE" [SMUJ] ; LE "É FERMÉ" [E] ET MÊME LE "EU" [E] PEUVENT SUBIR LE MÊME SORT : LE FLÉAU EST UN "FLAU", UN "VERRAT" DEVIENT UN "VRAT[VRA] ET L'ON PRONONCE "PTÉT" [PTET]POUR "PEUT-ÊTRE", C'EST VRAI AUSSI APRÈS UN [L] :"LGARS"[LGA] POUR "LE GARS", "MALREUX" [MALRO] POUR "MALHEUREUX" ET APRÈS UN [R] COMME DANS "RENARD" :"RNARD" [RNAR] OU REGARDER : "RGARDER" [RGARDE]. OU BIEN IL EST REJETÉ APRÈS DEUX CONSONNES QUI DEVRAIENT NORMALEMENT L'ENCADRER :"STE" [STE] AU LIEU DE "CET". LES PRONOMS PERSONNELS PEUVENT SUBIR CETTE ÉLISION MÊME DEVANT UNE CONSONNE : "JE VA" S'ENTEND "J'VA" [JVA], "TE PASSES" "T'PASSES" [TPAS], SAUF IMPOSSIBILITÉ DEVANT UNE CONSONNE DE MÊME FAMILLE : "JE JEUILLE", "TE TIENS" ; NOTONS QUE LE "L" DE "IL" SUBIT LE MÊME SORT : "IL A", MAIS "I VA". ENFIN LA SUCCESSION RAPPROCHÉE DE PLUSIEURS "E" FAIBLES ENTRAÎNE DES ÉLISIONS EN CASCADE ; S'IL Y EN A DEUX, ON A LE CHOIX ; "TE ME DIS" PEUT S'ÉNONCER "TE M'DIS" [TEMDI] OU "T'ME DIS"[TMEDI]"ÇA QUE TE DIS[SAKTEDI] OU [SAKETDI], "JE ME SUIS" DEVIENT "JE M'SUS[JEMSY] OU "J'ME SUS" [JMESY]. S'IL Y EN A TROIS, ON NE FAIT GÉNÉRALEMENT ENTENDRE QUE LE SECOND : "ÇA QUE TE ME DIS" DEVIENT "ÇA QU'TE M'DIS" [SAKTEMDI] - MAIS CERTAINS PRÉFÈRERONT "ÇA QUE T'ME DIS[SAKETMEDI] ; "NOUS REVENIONS" PEUT SE DIRE "J'REV'NIONS" [JREVKD] OU "JE R'VENIONS" [JERVEKD] ! D'AUTRES VOYELLES PEUVENT SUBIR LE MÊME SORT : AINSI "RACCOMMODER" DEVIENT "RAC'MODER" [RAKMCDE]. QUELQUES MOTS ONT PERDU LEUR VOYELLE INITIALE ; "ÉMINCER" EST DEVENU "MINCER", "NE T'ÉTONNE PAS !" SE DIT "TONNE-TU PAS !" ET "AVANT-DERNIER" "VANT-DERNIER".

COMME EN D'AUTRES RÉGIONS, LA DIPHTONGUE "OI" DANS UNE SYLLABE ACCENTUÉE A LONGTEMPS CONSERVÉ SON ANCIENNE PRONONCIATION"OUÉ" [WE] QUE LE FRANÇAIS STANDARD A ABANDONNÉE POUR LE "OUA" [WA] : DANS LES ANNÉES 1940, DES PERSONNES NÉES PEU APRÈS LE MILIEU DU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE DISAIENT ENCORE "MOUÉ" [MWE]POUR "MOI", "FOUÈRE[FWER] POUR "FOIRE", "BOUÊTE" [BWET] POUR "BOÎTE". IL FAUT TOUTEFOIS NOTER QUE CETTE HABITUDE AVAIT RÉGRESSÉ À LA GÉNÉRATION SUIVANTE, MÊME SI LES BREBIS ÉTAIENT RESTÉES DES "OUEILLES" [ZWEJ] ET NON DES OUAILLES [ZWAJ] ET SI L'ON CONTINUAIT À DISTINGUER LE "POUÊLE" [PWEL] (POÊLE) DU [PWAL] (POIL). CERTAINS LOCUTEURS PRÉFÈRENT CEPENDANT LE [E] AU [WE] : "C’EST À MÉ (MOI) QU’TE DIS ÇA ?""DRAIT" [DRE] POUR "DROIT", "J' CRAIS’’ [JKRE] POUR "JE CROIS’’. S'EST CONSERVÉ AU CONTRAIRE, DANS DES SYLLABES NON ACCENTUÉES ET DEVANT CERTAINES CONSONNES, L'AFFAIBLISSEMENT DU "OI" [WA] EN «O» OUVERT [C] COMME DANS LA "MOITIÉ", LA "POITRINE" OU LA "POIGNÉE" PRONONCÉES RESPECTIVEMENT "MOTIÉ" [MCTJE], "POTRINE" [PCTRIN] ET "POGNÉE" [PCKE]. UN GARS QU'EST "À POGNE" (ÉNERGIQUE) DIRA À UN IMPORTUN D' "EMPOGNER LA PORTE" (SORTIR PRÉCIPITAMMENT). DE MÊME DIT-ON "HUSSIER" [YSJE] POUR "HUISSIER". LA PRONONCIATION "OU" [U] DU "O" OUVERT ("NOUT" [NUT] POUR "NOTRE", "POUME" [PUM] POUR "POMME", "HOUMME" [UM]POUR "HOMME", A RÉGRESSÉ ; ON LA RENCONTRE ENCORE DANS QUELQUES MOTS COMME "BOUNHOUMME" QUI SIGNIFIE "PAYSAN", ET ELLE SUBSISTE POUR LE SON "ONNE" [ON] PRONONCÉ [UN] COMME "GUERLOUNER" [GERLUNE] POUR ‘’GRELONNER’’, "PIOUNER" [PJUNE] POUR "PIONNER", "VIOUNER" [VJUNE] POUR ‘’VIONNER’’... EN REVANCHE L'INTERCALATION D'UN [J] DEVANT LE [O] ACCENTUÉ EN POSITION FINALE, QUI FAISAIT DIRE, [VJO] POUR "VEAU", [MURSJO] POUR ‘’MORCEAU’’, [RYSJO] POUR "RUISSEAU’’, A BIEN RÉSISTÉ : AUJOURD’HUI, ON NE JOUE PLUS GUÈRE DU ‘’FLÛTEAU’’ [FLYTJO], ON NE MANGE PLUS UN "CHANTEAU"[IBTJO] DE PAIN ACCOTÉ AUX "BARTEAUX’’ [BARTJO] DU CHAR. MAIS ON PEUT ENCORE TIRER "UN SIAU D'EAU[SJODO]. ON PEUT NOTER QUELQUES CAS DE "IOTACISME" : "COGNIE" POUR "COGNÉE" ; "DEPUIS" DEVIENT "EN DEPIS" …

LA TENDANCE À SIMPLIFIER, COMMUNE À TOUTE LANGUE POPULAIRE, EST GÉNÉRALE EN BOURBONNAIS ET A POUR EFFET L'AFFAIBLISSEMENT OU LA DISPARITION PURE ET SIMPLE DE CONSONNES, NOTAMMENT [L] ET [R]. C'EST AINSI QUE "PLUS" SE PRONONCE "PU" [PY], "CELUI-LÀ" "ÇUILÀ"[SHLA], "QUELQUE" "QUIÉQUE" [KJEK], "PARCE QUE" "PASQUE" [PASK] ; IL EST PLUS FACILE AUSSI DE PRONONCER "SECTEMBE[SEKTBB] QUE "SEPTEMBRE" ; ON COUPE "UN PIED D'ÂBRE" [ABR] ET NON UN ARBRE, ON "SÂCLE" [SAKL]SES "QUAT" [KAT] TOPINES AU LIEU DE LES SARCLER ; LE MÉTAYER APPELAIT SON PROPRIÉTAIRE NOUT'MAÎT' [NUTMET](NOTRE MAÎTRE"), LES FEMMES PORTAIENT UN "TÂBIÉ" [TABJE], ON ATTACHE LES "IENS[JG] (LIENS) DE SES "SOUILLERS[SUJE(SOULIERS). LE [L] DISPARAÎT DANS LES MOTS SE TERMINANT PAR ‘’ABLE’’, ‘’IBLE’’ : "C'EST PAS [POSIB]D'ÊTRE SI PEU [SERVAB] !" IL EN EST DE MÊME DU [R]PRÉCÉDÉ D’UNE AUTRE CONSONNE ET SUIVI D’UN [E] MUET : "ÊTRE" SE DIT "ÉT" [ET] ; ON VA "METTE" [MET] UNE "LETTE"[LET] À LA POSTE ET "UN’AUT' COUVÉQUE" [YNOTKUVEK]"SUS" [SY] UNE CASSEROLE.

DEVANT UNE AUTRE CONSONNE, LE "X" [KS] S'AFFAIBLIT EN [S] : "J'Y A PAS FAIT [ESPRÉ]" ET LA CHUINTANTE SONORE [J]FAIT PLACE À LA SOURDE [I] : "J'PENSE" [JPBS] DEVIENT "CH'PENSE" [IPBS] ; ON NE PRONONCE PAS NON PLUS DEUX CHUINTANTES SUCCESSIVES : CHERCHER REDEVIENT "SARCHER" [SARIE] ET CHANGER "SANGER" [SBJE]. "VERS", QUI SIGNIFIE ÉGALEMENT "CHEZ", SE PRONONCE "VÉ" [VE]DEVANT UNE CONSONNE ("POURQUOI DONC QUE VOUS VENEZ JAMAIS [VE] NOUS?") ET "VÉZ" [VEZ] DEVANT UNE VOYELLE") : "J'VAS N'ALLER [VEZ] EUX". ON VERRA QUE LE PRONOM PERSONNEL "IL" ET SES AVATARS "AL" ET "OL" S'ÉLIDENT EN "I", "A", "O" DEVANT UNE CONSONNE. MÊME EN TÊTE DE PHRASE, "DONC" SE PRONONCE "DON" [DD]. LE "F" FINAL NE SE PRONONCE PAS APRÈS LE SON "EU" [O: ON DIT "NEU" [NO]POUR "NEUF", "UN BOEU" [NBO] POUR "UN BŒUF" ET "UN'OEU" [YNO] POUR "UN ŒUF" ; LE GRÉSIL SE DIT "GUEURZI" [GMRZI]OU [GJMRZI]. LE SOUCI DE FACILITER L’ÉNONCIATION – PLUTÔT SANS DOUTE QU’UNE PRÉOCCUPATION D'ORDRE EUPHONIQUE – N'EST PAS ÉTRANGER À L'USAGE DE BIAIS POUR ÉVITER CERTAINS HIATUS. POUR ÉVITER LE RAPPROCHEMENT DE DEUX VOYELLES, NOTAMMENT DEUX [A], ON A SOUVENT – MAIS PAS TOUJOURS – RECOURS À L'INTERCALATION D'UNE CONSONNE : "J'A ENCORE TROIS RAYONS DE PATATES À N'ARRACHER", AUTRES EXEMPLES : "LÀ V'OÙ QU'TE VAS ?" "DE LOIN Z'EN LOIN", ‘’TE VINS-T-I(L), OUI V’OU NON ?", "I(L)S ÉTAINT NEU V'OU DIX", "UN GARS COMME ÇA, FIE-TOI Z'Y PAS !" IL EST VRAI QUE LORSQUE L'OMNIPRÉSENT "Y" (VOIR LE PARAGRAPHE "GRAMMAIRE") SUIT UN IMPÉRATIF, UN [Z] EST SYSTÉMATIQUEMENT INTERCALÉ. "ÔTE-LE OU LAISSE-LE" DEVIENT "OTE-Z-Y OU LAISSE-Z-Y" [OTZI U LESZI]. ALORS QUE LE FRANÇAIS NE S'OFFUSQUE PAS DE LA RENCONTRE DU [A] ET DU [U] DANS "LÀ OÙ", LE BOURBONNAIS DIRA "LÀ V'OÙ". MAIS CURIEUSEMENT ON NE CRAINDRA PAS LA RENCONTRE DE DEUX [I] DANS UNE CONDITIONNELLE : "SI I(L) T'Y A DIT, C'EST QUE C'EST VRAI". EN REVANCHE LA DIÉRÈSE EST SYSTÉMATIQUEMENT ÉVITÉE : "PANIER" SE PRONONCE"PAGNER" [PAKE] COMME "SAIGNER", "SOULIER" [SUJE] COMME "SOUILLER" ET "SANGLIER" DEVIENT [SBJE] ; LE VERBE "MANIER" DONNE [MAKE] MÊME QUAND ON LE CONJUGUE : "ÇA ME MANIE" FAIT "ÇA M'MAGNE" [SAMMAK]. ET SYSTÉMATIQUEMENT LES MOTS EN ‘’NEAU’’ SE PRONONCENT "GNAU" [KO] (ET NON "NIAU" [NJO]) : "TRAÎGNEAU" [TREKO]POUR ‘’TRAÎNEAU’’, EMBEURGNEAU" [BBERKO] POUR ‘’EMBRENEAU’’, ET "MOUÉGNEAU" [MWEKO] OU "MOUGNEAU" [MUKO] POUR "MOINEAU’’. DANS LE MÊME ORDRE D'IDÉES,"NUAGE" SE PRONONCE [NHAJ] COMME "NUIT" [NHI]. "NE T'ÉTONNE PAS" DEVIENT "TONNE-TU PAS" ; COMBINÉE AVEC L'INTERVERSION DU [?] FAIBLE, ELLE DONNE "MÉQUERDI" [MEK?RDI] POUR "MERCREDI" ET MÊME UN "RLOGE" [RLOJ] POUR UNE "HORLOGE". MAIS CE SOUCI DE SIMPLIFICATON N'EST PAS SYSTÉMATIQUE ; SINON ON N'IRAIT PAS DÉCLARER UNE NAISSANCE À LA "MAIRERIE" ! DE MÊME LES RONCES SE COMPLIQUENT EN "ÉRONZES", LA CRÈCHE EN "ÉCRÈCHE", LES "CHARDONS" EN "ÉCHARDONS", LES COINS D'UNE PIÈCE DE TERRE EN "ÉCOINS" ET LA CONJONCTION "QUAND" SE PRONONCE "QUANTE" [KBT] Y COMPRIS DEVANT UNE CONSONNE : "QUAND TU IRAS" S'ENTEND [KBTTIRA] À MOINS QU’ON N’INTERCALE UN "QUE" PRONONCÉ [K] : "QUAND QU'T'IRAS" [KBKTIRA]. LE PHONÈME [L] EN POSITION MÉDIANE SE TRANSFORME FRÉQUEMMENT EN "Y" NOTÉ [J] : UNE ESTAFILADE CONSTITUE NON UNE BALAFRE MAIS UNE "BAILLAFE" [BAJAF].

UNE AUTRE CARACTÉRISTIQUE RÉSIDE DANS UNE INTERVERSION DE SONS : DANS LE CORPS D’UN MOT, LE [?]FAIBLE NORMALEMENT PRÉCÉDÉ DE DEUX CONSONNES DONT LA SECONDE EST UN [R] EST SYSTÉMATIQUEMENT INTERCALÉ DEVANT CELUI-CI ET, SELON L'ACCENTUATION ET L'USAGE, SE TRANSFORME OU NON EN UN [Œ]. "GRELOT" DEVIENT "GUIEURLOT" [GJ?RLO], BRETELLE "BEURTELLE" [B?RTEL] ; ON S'ASSIED OU PLUTÔT ON "SE SITE" "À COEURPETONS[AKMRPETD] ET NON "À CROUPETONS", ON COURT LA [P?RTBTEN] ET NON LA PRÉTENTAINE, LE FROID DONNE DES [K?RVA] PLUTÔT QUE DES CREVASSES AUX MAINS, ON EST "EMBEURNÉ" [BB?RNE] OU [BBŒRNE] AU LIEU D'ÊTRE "EMBRENÉ" ET ON "DERSE" [D?RS] LES RÉCALCITRANTS AU LIEU DE LES DRESSER ; ON NE DIRA PAS "UNE BREBIS EST CREVÉE", MAIS "UNE BEURBI EST COEURVÉE" [YNBNRBIEKNRVE]. ON POURRAIT MULTIPLIER LES EXEMPLES À L'INFINI. CE PHÉNOMÈNE PEUT TOUCHER D'AUTRES VOYELLES FAIBLES : "BROUETTE" SE DIT [B?RWET] OU [BŒRWET], "MAIGRIAUD" SE PRONONCE [MEG?RJO], "CROTTE" DEVIENT [KŒRT], CROUPION [KŒRPJD], FAUT-IL RANGER ICI UN FAIT LINGUISTIQUE RARE MAIS CURIEUX ? C'EST L’EXISTENCE DE MÉTATHÈSES INATTENDUES. LA VIPÈRE EST DEVENUE UN "VERPI", LE CIMETIÈRE UN ‘’SMITIÈRE’’ ; ON NE TASSE PAS LE BLÉ DANS UN SAC, ON LE "SATE" ; "TANT QU'À" LA LESSIVE ON LA FAIT "CHESSER[IESE] QUAND ELLE DEVRAIT SÉCHER. ET L’ON POURRAIT "CONTUINER" LONGTEMPS CETTE ÉNUMÉRATION. MAIS POURQUOI UNE "AUTO" EST-ELLE DEVENUE UNE "ÈTO" ?

ON USE VOLONTIERS DE LIAISONS PARTICULIÈRES. AINSI L'ARTICLE INDÉFINI "UN" SUIVI D'UN SON VOCALIQUE SE PRONONCE [YN], ET UN AUDITEUR PEU AVERTI PEUT SUPPOSER QUE SON INTERLOCUTEUR FÉMINISE "UNE OEU(F)", "UNE HOMME", "UNE HABIT", "UNE INDIVIDU", "UNE HANGAR" ; IL N'EN EST RIEN PUISQUE LE BOURBONNAIS DIRA "C'EST UN' HOMME QU'EST GENTIL" (ET NON "GENTITE"), "UN' HABIT DÉGOÛTANT" (ET NON "DÉGOÛTANTE"), "UN'ŒUF QU'EST CUIT" (ET NON "CUITE"). CEPENDANT, PAR CONTAMINATION, ON POURRA DIRE "UN(E) HANGAR QU'EST VIEUX" OU "QU'EST VIELLE" ET MÊME PRÉFÉRENTIELLEMENT "UNE VIELLE HANGAR". AU REBOURS ON PARLERA D' "UN ANDOUILLE" OU D' "UN ESPÈCE D'ANDOUILLE" ! LE MOT "HANGAR" PERMET UNE AUTRE REMARQUE : L'H EST TOUJOURS MUET ET L'ON ABRITE LES INSTRUMENTS ARATOIRES "SOUS L'HANGAR" OÙ L'ON RANGE AUSSI "L'HARNAIS", OU MIEUX "LES Z(H)ARNAIS", DE LA CHEVAUDE ; DE MÊME ON DIRA D'UN INDIVIDU SANS VERGOGNE QU'"IL A CHIÉ L'HONTE" ... L'H DISPARAÎT MÊME DANS LE CORPS D'UN MOT : "DEHORS" SE PRONONCE "DIÔR"[DJOR], D'OÙ DÉCOULE LE VERBE "DIÔRER" [DJORE] QUI SIGNIFIE "METTRE À LA PORTE". UN AUTRE AVATAR, RARISSIME IL EST VRAI, DE CETTE AMUÏSSEMENT SYSTÉMATIQUE ABOUTIT À LA CONCATÉNATION DE L’ARTICLE DÉFINI AVEC LE SUBSTANTIF, CE QUI NÉCESSITE LE REDOUBLEMENT DU DÉTERMINANT : ET DE CE FAIT CELUI QUI SOUFFRE D’UNE CONTRACTION SPASMODIQUE DU DIAPHRAGME N’A PAS ‘’LE HOQUET’’, MAIS LE ‘’LOQUET’’ ! UN AUTRE EXEMPLE D’AGGLUTINATION EST DONNÉ PAR LA TRANSFORMATION SURVENUE À ‘’OISEAU’’ : COMME ‘’DES OISEAUX’’ SE PRONONCE "DES OSIAUX[DEZOZJO] OU "DES OUSIAUX[DEZUZJO], UN OISEAU EST DEVENU UN "ZOSIAU" [ZOZJO] OU UN "ZOUSIAU" [ZUZJO]. ET SI ON VOUS PARLE DU "JOUR DE CENSION", C'EST QUE "L'ASCENSION" A ÉTÉ DÉCOUPÉE D'UNE FAÇON ORIGINALE …

A PROPOS DES PHONÈMES CONSONANTIQUES, LE BOURBONNAIS EN POSSÈDE DEUX, PROCHES L'UN DE L'AUTRE, QUE L'ALPHABET PHONÉTIQUE INTERNATIONAL, DANS SA VERSION COURANTE, EST IMPUISSANT À TRANSCRIRE. IL S'AGIT DE SONS, L'UN SOURD, L'AUTRE SONORE, INTERMÉDIAIRES ENTRE "DENTALES" ET "BILABIALES", ET TOUS DEUX "MOUILLÉS". L'UN SE SITUE ENTRE [TJ] ET [KJ], L'AUTRE ENTRE [DJ] ET [GJ]. ON LES RENCONTRE DANS LA PRONONCIATION DE MOTS COMPORTANT CES ALLIANCES DE SONS EN FRANÇAIS STANDARD TELS QUE, POUR LE PREMIER, "TIENS" ET "INQUIET", POUR LE SECOND "DIEU" ... OU "DIABLE". MAIS LE "YOD" S'INTRODUIT AUSSI LÀ OÙ IL N'A QUE FAIRE EN FRANÇAIS COMME DANS "TUER" QUI DONNE [TJYE],"QUITTE" [KJIT], "PAQUET" [PAKJE], "CURÉ" [KJYRE], "GUERRE" [GJER], "GUIDE" [GJID], "MUGUET" [MYGJE] OU "AUGUSTE" [CGJUS]. L’EMPLOI DE CES PHONÈMES ORIGINAUX TRAHIT À COUP L’ORIGINE DE VOTRE INTERLOCUTEUR.

             

ALPHABET PHONETIQUE INTERNATIONAL

 

Voyelles

 

[i]         vie, lyre

[e]        blé, jouer, lait, jouet, merci

[F]        chouette (rare)

[a]        patte, talon, dernier

[A]          là, pâte, tard

[o]        eau, mot, gauche, tôle

[C]        comme, mort

[u]        genou, roue, vous, goût, toux

[y]        rue, vêtu, bûche

[E]        le, premier, ceci

[O]       feu, deux

[M]       peur, meuble

[G?]? *  brin, main, plein, chien

[N] *     brun

[B]        sans, vent

[D]        bonombre

Semi-consonnes

 [j]      yeux, paille, pied

 [H]    huile, nuit, muet

 [w]   foire, nouer

Consonnes

[b]        bon, robe, abbé, diable

[p]        père, soupe, nappe

[d]        dans, aide, attendre

[t]        terre, vite, attendre

[g]        gare, bague, agglo, claude

[k]        cou, coqcloque, sac

[dj] [gj]    diable, dehors, guerre, guide

[tj] [kj]      tiens, inquiet, tuer, queue, képi

[f]        fou, veufphoto, effort

[v]        vous, rêve

[s]        sale, ci, ça, tasse, pouce, addition

[z]        zéro, maison, rose

[I]         chat, ruche

[J]        je, jugegilet

[l]        laine, habile, allumer

[r]        route, venir, arriver, poire

[m]       main, môme, comme

[n]        nous, peine, benne

[K]        grogner, vigne, dernie

Ne pas oublier la règle d'inversion des phonèmes doubles [brE], [krE], [frE], [grE], … en [bEr], [kEr], [fEr], [gEr], …